"Le ministère assassine le sport..". |
| Lundi, 26 Octobre 2009 00:00 |
Heureux et à la fois révolté, tel est le double sentiment qui anime le président de la fédération ivoirienne de basket-ball, Koré Moïse. Depuis Madagascar où a eu lieu l’Afrobasket dame 2009, l’ancienne grande figure du basket-ball ivoirien s’est vidée, exposant la mauvaise gestion du sport ivoirien. * L’Afrobasket dame 2009 vient de prendre fin. La Côte d’Ivoire finit 4è. Vos impressions ? - En ce qui concerne ce championnat d’Afrique, c’est dommage que nous ne soyons pas montés sur le podium. Mais cela nous a permis de déceler les forces et les faiblesses de notre équipe nationale dame. Je peux dire que dans l’ensemble, il y a une progression. En 2007, l’équipe s’est positionnée à la 8è place. Et cette année (2 ans après), elle occupe la 4ème place. Parti du néant, nous faisons partie des 4 équipes du continent. Principalement au niveau de la prestation de l’équipe, nous avons souffert de l’effectif. Nous n’avions personne à la touche. Cela est une carence à laquelle il faut remédier très rapidement. Nous prévoyons faire bonne impression en 2011 au Mali. Je profite pour rendre hommage à Kouyaté Kani qui est restée constante dans sa prestation et sa progression. Et je regrette la blessure de Kolga Marima qui nous a beaucoup pénalisés. Il y a encore du travail à faire pour progresser. * Qu’est-ce que vous envisagez faire en tant que président pour que l’équipe progresse. - La première des choses, c’est d’intensifier la formation. Le nouveau DTN va s’y atteler. Avec la coopération de l’Europe de l’Est, nous allons multiplier les mises en stage de certains joueurs. Surtout dans les shoots où nous sommes très limités. Dans cette tâche, le DTN aura sous sa supervision tous les 122 entraîneurs qu’il a eu à former pendant un an. * On a senti dans cette compétition l’absence du ministère des sports. Cela est dû à quoi ? - Quand j’annonce souvent que nous sommes orphelins, je sais de quoi je parle. La preuve, on est venu à Madagascar sans moyen. Il a fallu mes relations pour que l’équipe se déplace à crédit. C’est arrivé ici à Madagascar que j’ai payé la dette. Ce n’est pas de cette manière qu’on gagne les compétitions africaines. Tous ceux qui étaient sensés nous suivre étaient à Beyrouth pour une compétition qui compte peu par rapport à celle de Madagascar qui était qualificative pour la Coupe du monde. Le ministère des finances qui voulait nous aider n’a pas eu les documents requis. Parce que ceux qui étaient devaient les apporter étaient absents. Mon rôle, en tant que président de fédération, est de confectionner une communication qui prend en compte les besoins relatifs à une compétition. Une fois déposée, j’attends que le ministère face son travail. Celui de débloquer les moyens. Non seulement, je suis obligé de faire une communication, mais en même temps, je dois courir dans les méandres du ministère des finances pour voir à quel niveau elle est. Cela n’est pas du tout de mon ressort. C’est vraiment de trop. Je ne sais pas à quel jeu on joue et où est-ce qu’on veut aller avec cela. Cette manière de faire du ministère contribue à assassiner le sport et non à l’aider à évoluer. * Les filles qui, finalement, n’ont pas encore eu la prime Olympique ont aussi joué à crédit ? - A Abidjan, on va poursuivre les démarches pour qu’elles obtiennent gain de cause. C’est toujours avec le ministère des sports qu’on a ce genre de problème. * Alors, qu’est-ce qui ne va pas au juste entre votre fédération et le ministère des sports ? - Je ne crois pas que ce soit seulement ma fédération. Il s’agit de toutes les fédérations existantes en Côte d’ Ivoire. Je cite en exemple le cas de la fédération ivoirienne de handball où le Colonel Ouaraga croulait lui aussi sous le poids des dettes lors du championnat d’Afrique cadets et juniors qui ont eu lieu ici en Côte d’Ivoire. J’ai souvent des entretiens avec le président de la FIF, Jacques Anouma, qui se plaint lui aussi. Nous sommes fatigués de préfinancer nous-mêmes des compétitions. Cela ne doit plus continuer. * N’est-ce pas une manière aussi de saboter le travail que vous faites ? - C’est aussi l’impression que cela me donne. Je pense qu’on nous place des peaux de bananes. Alors que plus nous glanons des trophées, plus la tutelle gagne. * Conscient de ce sabotage, vous êtes candidat pour organiser la Can 2011 au niveau des hommes… Sur quoi comptez-vous alors ? - J’estime que le ministère ne fait pas son boulot. Sinon, je n’ai pas de problème avec lui. Etant dans le processus de sortie de crise, ce sera l’occasion, à travers l’organisation de cette Can, de montrer que tout est devenu normal en Côte d’Ivoire et que le pays a toujours maintenu son hospitalité légendaire. A travers aussi l’organisation de cette Can, les sports dits mineurs pourront bénéficier d’infrastructures sportives. En Côte d’Ivoire, nous avons organisé deux championnats de football. Mais aucune infrastructure n’est sortie de terre. Contrairement au Mali, au Ghana, au Burkina Faso, où de nouveaux stades ont poussé. Il est temps qu’on arrête de reficeler les anciennes infrastructures pour construire de nouvelles. Il n’est pas normal que le Burkina Faso, le Benin, le Sénégal… aient des salles et que nous n’ayons qu’une seule salle problématique. Il faut profiter de ces événements pour avoir des salles. Nous participons à la formation des citoyens, c’est donc normal qu’on mette à notre disposition des locaux pour réussir cette mission. Maintenant, sur qui je compte ? Je compte sur mes propres relations, ma propre personne et sur mon Etat. Si on l’a fait l’année passée pour le football à travers le Chan, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas pour le basket-ball. * Comment vont les démarches dans le golf pour la préparation des hommes à la Coupe du monde et à la Can 2010 ? - Pour la Coupe du monde, mon objectif était de trouver des sponsors internationaux. En août 2010, nous serons en Turquie. Il y aura 32 nations qui seront visibles sur tous les écrans dans le monde. Evidemment, les sponsors vont s’arracher l’événement. Ce sera l’occasion pour moi de donner à la Côte d’Ivoire un gros sponsor pour aider à la préparation, et aussi à la construction des salles. J’en ai trouvé en ce qui concerne les salles, un qui sera bientôt à Abidjan. Si les autorités sont d’accord, il se mettra immédiatement au travail. Il nous reste seulement deux ans et je crois qu’avec les nouvelles technologies, ce sera largement suffisant. Un autre aussi s’est signalé. C’est donc à nous de jouer notre partition pour que tout commence. A mon niveau, je pense avoir bouclé les financements, il reste maintenant les négociations. * Face au Mali, à l’Afrique du Sud qui veulent aussi organiser la Can 2011, quelles sont les chances de la Côte d’Ivoire ? - J’ai présenté un dossier qui, apparemment, a séduit. Sauf grave bouleversement, nous sommes bien partis pour organiser cette Can. * Est-ce que vous avez eu l’accord du Chef de l’Etat avant d’entreprendre les démarches ? - Ce n’est à moi d’informer le Chef de l’Etat mais plutôt à mon ministre de tutelle à qui j’ai fait part. Je n’organise pas une compétition pour la perdre. Je le fais parce que je veux la gagner. Par Lanciné Keita, envoyé spécial à Madagascar. |
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