[ITW] - Koré Moïse (Président de la FIBB ) : " Ma vision pour le Basket-ball ivoirien "

Jeudi, 08 Avril 2010 17:15
kore_avril_2010Koré Moïse, le président de la Fédération Ivoirienne de Basketball (FIBB) se veut rassurant quant à l’organisation de l’Afrobasket 2011 à Abidjan.

Le patron de la balle au panier en Côte d’Ivoire donne des précisions sur la construction de la nouvelle salle et de la réfection du Palais des Sports de Treichville pour accueillir cette compétition. Le président Koré lève aussi un coin de voile sur la préparation des Eléphants pour le Mondial 2010 en Turquie. Il envisage également de partir de la FIBB au terme de son mandat en 2011.




Joseph Kini (FANION) : Cela fait pratiquement trois semaines que l’organisation de l’Afrobasket 2011 a été attribuée à la Côte d’Ivoire, depuis lors que faites-vous pour réussir ce challenge ?

Koré Moïse
: Il faut dire que sur le terrain, nous travaillons à la mise en pratique du cahier de charges qui nous a été imposé par FIBA et selon lequel nous avons répondu. Le plus urgent pour nous c’est la réhabilitation du Palais des Sports et la construction d’une nouvelle salle. Nous sommes à pied d’œuvre avec la société qui doit construire cette salle afin de finaliser le document avec l’Etat ivoirien pour permettre le début des travaux incessamment. Nous nous activons également pour mettre en place dans les prochains jours le comité d’organisation de cette CAN. Cela répond à des critères administratifs puisqu’il va y avoir un décret de nomination des membres de ce comité. Nous sommes assez avancés pour ce qui est de la réhabilitation du Palais des Sports et de la construction de la nouvelle salle. Nous pensons que d’ici un mois nous allons poser la première pierre pour que les travaux commencent réellement.

J. K : Où se construira cette nouvelle salle et quand débutera concrètement la réhabilitation du Palais ?
K. M : Pour ce qui est de la nouvelle salle, elle sera sur le site de Washington non loin du monument des Martyrs. On se rappelle que les habitants de ce site ont été déguerpis pour les recaser à Biabou. Ce site nous semble assez central par rapport à tous les quartiers d’Abidjan et d’un accès facile. Quant au Palais des Sports, le ministre Dagobert Banzio avait dit à l’époque qu’un marché avait été passé avec un opérateur. Cette semaine nous allons approcher cet opérateur pour voir où il en est afin d’accélérer le processus pour que d’ici la fin de cette année le Palais soit opérationnel.

J. K : N’êtes-vous pas inquiet quand on sait que FIBA a donné fin juin comme sursis à la Côte d’Ivoire pour le début de réalisation de ces travaux ?
K. M :Nous ne sommes pas du tout inquiets. On a l’impression que c’est une épée de Damoclès suspendue sur notre tête mais c’est ainsi dans toutes les grandes compétitions. En Afrique du Sud, la FIFA est bien allée voir l’évolution des travaux et quand ça ne va pas on vous demande d’accélérer parce que vous n’êtes pas dans le délai. C’est donc tout à fait normal qu’on nous fixe une échéance à partir de laquelle on pense que le projet est plausible et faisable. C’est dans ce cadre que nous travaillons. Par exemple dans le cadre de la construction de la nouvelle salle nous avons un « time-table » (ndlr : un chronogramme) qui nous permet de savoir qu’elle sera construite en six mois. C’est une entreprise qui a prouvé son savoir-faire parce que c’est elle qui a construit le stade « Nid d’oiseau » à Pékin. C’est dire que nous n’avons aucune inquiétude parce que je sais que nous serons dans le délai.


J. K : Certes vous êtes confiant mais il ne faut occulter le fait qu’en 2005 l’organisation a été retirée à la Côte d’Ivoire au dernier moment…
K. M : En 2005, j’étais moi-même le président du comité d’organisation. Après nos différentes rencontres avec le Président de la République, il avait été décidé que l’Etat nous accompagne. Mais c’était une année après 2004 et nous étions en pleine crise et à un moment donné il y a eu des urgences nationales imposables à l’autorité. L’Etat a donc choisi celles qui étaient plus proches des réalités de nos populations et on ne peut pas le blâmer pour ce choix. Aujourd’hui, nous sommes à la sortie de crise et les recherches de partenariat que nous avons entreprises nous ont permis de cibler des sociétés qui ont les reins solides pour préfinancer toute l’opération. Quitte à savoir dans les dix prochaines années comment ce préfinancement pourra être remboursé. Nous avons donc travaillé en amont pour prendre toutes les garanties afin de ne pas imposer un fardeau à l’Etat mais plutôt lui permettre de ne pas s’essouffler tout en nous accompagnant. C’est ce que nous nous attelons à faire et les documents seront signés bientôt pour le début des travaux.

J. K : Sous votre mandat, le basketball ivoirien tend à se repositionner au niveau international, est-ce cet élan que vous avez souhaité ?
K. M : Je ne m’inscris pas en autosatisfaction parce qu’on n’est jamais satisfait à 100%. Quand je venais la Fédération j’ai dit que je revenais pour aider le basketball ivoirien à retrouver sa place qu’il n’aurait jamais dû perdre. Nous n’avons pas travaillé pendant plusieurs années et notre basketball s’est écroulé. J’ai participé à l’épopée victorieuse des Eléphants basketteurs en 1981 et donc je sais comment faire pour devenir champion d’Afrique. Quand j’ai fait le diagnostic, je me suis rendu compte que nous avons un déficit d’entraîneurs, des équipes nationales pas représentatives, un manque d’infrastructures et que nos clubs évoluaient dans l’informel. Nous avons travaillé sur tous ces chantiers. Aujourd’hui, on peut être content de ce qui a été réalisé. En 2005 lorsque j’ai assuré l’intérim de mon ami Guy Berté, on nous a confié l’organisation d’un championnat d’Afrique des clubs. En deux semaines, nous avons réussi à remettre en état le Palais des Sports qui était fermé pendant plus de 5 ans. Et l’ABC, le représentant ivoirien a remporté cette compétition. Ensuite, nous nous sommes occupés des équipes nationales. Le premier défi a été de nous repositionner sur le continent. Au niveau des hommes nous étions 10 ème sur 12 et les équipes étaient pratiquement inexistantes depuis belle lurette sur la scène africaine. En 2007, la sélection masculine a réussi à terminer 8ème aux Jeux Africains et à l’Afrobasket. Les filles se sont également classées 8ème à l’Afrobasket à Dakar. Deux ans après les garçons arrachent la 2ème place et se qualifient pour la Coupe du monde. Au niveau féminin nous finissons 4ème à Madagascar. Sans oublier la médaille d’Or aux Jeux de la CENSAD. Quand, au niveau des clubs, l’ABC dames se positionne vice-champion d’Afrique. Je pense qu’on peut être satisfait de ce qui a été fait et cela nous donne d’autant plus de responsabilité que l’objectif c’est de faire du basketball ivoirien un sport phare qui doit mériter sa place en Afrique. Parce qu’au niveau continental la Côte d’Ivoire est la 4ème nation après l’Angola, l’Egypte et le Sénégal. Nous devons donc faire des efforts chaque année pour remonter au classement. C’est pourquoi, pour la dernière année de mon mandat, nous mettrons tout en œuvre pour passer de la 4ème place à la 1ère place tant chez les hommes que du côté des dames. Nous avons un bon vivier au niveau national et on peut y croire surtout qu’on sent un léger frémissement au niveau du travail des techniciens. En ce qui nous concerne, nous pensons que le basketball local est en train de reprendre des couleurs.


J. K : Cela est certainement dû à la catégorisation avec des critères bien définis pour entraîner en N1A…
K. M : C’est vrai que cette décision a été dure à faire appliquer mais je pense qu’on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. On ne peut demander à des entraîneurs qui n’ont pas le niveau d’apprendre à des joueurs ce qu’eux-mêmes ne connaissent pas. Il était donc important que nos entraîneurs soient formés et nous avons mis un an pour le faire avec un expert FIBA. A la fin, ils ont été catégorisés dans différents niveaux tels que définis par FIBA-Monde. Ainsi, un entraîneur ivoirien de niveau 3 peut entraîner n’importe quel club au monde. Aussi avons-nous des niveaux 2 et 1. C’est pourquoi, nous avons décidé que pour entraîner un club de N1A, il faut être titulaire du niveau 3. C’est tout à fait normal parce que la N 1A c’est le plus haut niveau tout comme le niveau 3 chez les entraîneurs. Cette formation nous a coûté beaucoup d’argent et sacrifices mais c’était nécessaire dans notre politique de relève du basketball ivoirien. On commence à voir déjà les premiers signes et nous pensons que nous ne nous sommes pas trompés.

J. K : Pour revenir à l’organisation de l’Afrobasket 2011, rencontrez-vous déjà des difficultés sur le terrain ?
K. M : Pour le moment, je n’ai pas encore rencontré de difficultés. Je ne pars jamais dans un projet avec des a priori et des blocages dans la tête. Pour moi, quand il y a des difficultés, il faut les surmonter. C’est dire que quel que soit ce qui va se passer, nous irons au charbon afin d’aplanir les difficultés et avancer. Nous connaissons les difficultés de notre pays et nous travaillons à ce que l’aide de l’Etat soit plus fluide. Nous comptons également sur l’aide de nos amis à l’extérieur. Il y a des fédérations qui se sont mises à notre disposition. La Fédération espagnole avec laquelle nous entretenons de bonnes relations et à qui je rendrai visite bientôt pour voir comment elle pourra nous aider dans toute cette organisation. Je suis également invité en Serbie du 7 au 9 mai pour rencontrer la Fédération serbe et établir les bases d’une coopération. Je pense que l’un dans l’autre, nous sommes en train d’abattre un travail national mais aussi un travail relationnel qui va nous permettre, lorsque nous serons coincés, de faire appel à nos partenaires extérieurs.

J. K : Est-ce à dire que vous demandez l’adhésion de tous les Ivoiriens dans la réalisation de ce projet ?

K. M : C’est sûr. Ce n’est pas ma personne Koré puisque ma gloire est derrière moi. Si je demande aux Ivoiriens le nom du président de la Fédération quand la Côte d’Ivoire enlevait le trophée continental en 1981, il n’y en aura pas beaucoup qui se souviendront. C’est dire que les présidents de Fédération passent. Cependant, tout le monde se souvient que Koré, Bilé, Bah, Djadji et bien d’autres faisaient partie de cette équipe. Je ne suis pas à la tête de la FIBB pour ma propre gloriole. Je pense que notre pays a une place au niveau continental et il est important que nous tenions notre rang. Nous sommes en train de revenir et il faut que toute l’Afrique sache que le modèle que nous présentons aujourd’hui est un modèle viable. Je pense que l’une des raisons qui ont milité pour que FIBA nous attribue cette compétition c’est la qualité de notre dossier. Notre ambition est que le basketball ivoirien ne retombe pas dans les mêmes travers. Ce n’est donc pas pour moi mais pour toute la Côte d’Ivoire. Nous devons montrer à tous ceux qui viendront lors de cette compétition que notre pays est prêt à relever le défi qu’on lui lance. Nous devons compter sur nous-mêmes. Maintenant, il y a des gens qui rament à contre courant croyant qu’ils ont affaire à Koré. Ils sont d’après eux en train de rentrer dans une situation de boycott des activités de la Fédération. Mais je voudrais leur dire que nous sommes tous citoyens de ce pays et qu’à ce titre nous sommes tous contribuables. Ils doivent donc faire attention à la manière dont ils gèrent les structures que l’Etat met à leur disposition. Parce que nous en sommes tous propriétaires. S’ils veulent qu’on monte le débat d’un niveau, nous allons le faire. Parce que je ne peux pas comprendre que pour les mêmes batailles hors de notre pays, la télévision d’Etat fait des efforts pour se déplacer et qu’elle refuse de nous accompagner lorsque nous jouons une finale de Coupe d’Afrique. C’était honteux que les Ivoiriens se ruent sur des chaînes étrangères pour voir leur équipe nationale jouer cette finale. Je ne peux pas l’accepter. On ne devrait pas créer une discrimination inutile. C’est vrai, les Ivoiriens dans leur grande majorité aiment le football mais si une autre discipline de Côte d’Ivoire arrive à un tel niveau, on doit permettre aux Ivoiriens de voir le travail qui a été fait. Parce que nous avons besoin de soutien. Concernant les droits TV de l’Afrobasket, ils appartiennent à FIBA-Afrique et tous les Etats qui voudront prendre la compétition payeront ces droits. Nous ne dénigrons pas la Télévision ivoirienne quand nous disons cela. Si ça n’a pas été compris et que des gens veulent mener une bataille nous allons la mener. J’utiliserai la voie normale en m’adressant au ministre de la Communication , au Directeur Général de la RTI et si ça ne suffit pas, j’irai plus loin. Parce qu’il faut que la comédie cesse.

J. K : L’organisation de l’Afrobasket ne doit pas faire oublier le Mondial 2010 en Turquie, que peut-on dire à quatre mois de cette compétition ?
K. M :Cette compétition se déroulera fin août- début septembre. Tous nos joueurs évoluent dans des clubs européens, sud-américains et asiatiques. Une première présélection a été arrêtée. Celle-ci sera complétée par un ou deux joueurs. Ensuite, il y aura une présélection de tous les joueurs ivoiriens d’un certain niveau qui à cause de leur nationalité n’ont pas accès à des championnats majeurs. C’est le cas de Tapé Eric qui est l’un de nos meilleurs joueurs en sélection. Ils passeront des tests de performance pour voir leur état de santé en Lausanne (Suisse). Nous aurons deux mois de préparation et il ne faudrait pas les brûler. Notre programme est totalement bouclé pour l’invitation que l’Espagne nous a adressée pour un tournoi en Argentine où nous allons rencontrer le Brésil, le Porto Rico qui est dans notre poule et l’Argentine. Nous en profiterons pour apprendre davantage avant de nous rendre en Turquie. La Coupe du monde c’est un objectif, une visibilité pour notre pays mais le plus important c’est l’Afrobasket 2011 à Abidjan qui nous ouvrira les portes des Jeux Olympiques 2012 à Londres. Notre programme est prêt et nous sommes en train de finaliser le budget pour le transmettre au ministère et le 3 juillet la préparation commence.

J. K : Quel est l’objectif exact de la Côte d’Ivoire à ce Mondial ?

K. M : Comme toutes les 23 autres sélections qui seront présentes à ce rendez-vous, nous partons en Turquie pour gagner la compétition. Je ne peux pas dire aux Ivoiriens que les Eléphants partent pour perdre. Si je le fais, ce n’est pas la peine d’y aller et de prendre l’argent du contribuable ivoirien pour le gaspiller. Il est clair que dans une course, il y a un certain nombre de personnes au départ et puis il y a un qui arrive en premier. Si ce n’est pas nous ça voudrait dire que celui qui est premier est plus fort que nous et nous nous remettrons au travail pour repartir à la prochaine édition. En tant que président de Fédération, c’est le discours de la gagne que je passerai à mes joueurs. En 1982, quand nous participions à la Coupe du monde en Colombie, j’ai eu une altercation avec mon entraîneur avant le premier match contre la Russie. Parce qu’en pleine réunion, il nous a fait comprendre que nous y étions pour faire de la figuration. J’ai donc pris la parole pour lui dire que nous avions en face des hommes ayant deux pieds, deux bras, deux yeux et une tête et que était inadmissible qu’il nous démoralise plutôt que de nous encourager. Il nous a fait faire une préparation corsée pendant un mois en Yougoslavie. Et au dernier moment, il veut nous faire croire que nous avons gaspillé l’argent du contribuable. Je lui ai dit que si c’était le cas j’exigeais qu’il me paie le billet d’avion retour à Abidjan. J’ai exprimé ce que je pensais et je pense que ces jeunes ont adhéré à mon discours depuis l’Afrobasket 2009 en Libye. La preuve, ils ont souhaité être dans la poule des Etats-Unis pour battre les Américains.

J. K : Randoald Dessarzin sera-t-il l’entraîneur des Eléphants à cette compétition ?
K. M : Monsieur Dessarzin est toujours l’entraîneur des Eléphants et il sera sur le banc pendant la Coupe du monde.

J. K : Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre les rênes de la Fédération Ivoirienne de Basketball ?
K. M : Il faut dire que la motivation réelle c’est le désir de servir le basketball ivoirien pour le ramener au niveau où il était lorsque nous l’avons laissé. Je fais partie d’une génération de joueurs qui en 1975 dormait dans les baraques de l’INJS où on se préparait pour les Jeux ivoiro-ghanéens. Des joueurs qui avaient décidé à l’époque d’aller à la conquête de l’Afrique. Il y avait Bilé Alphonse, Bah Florent, Elo Dingui, Allou Maïga, Djadji Clément, Abass Diop, Koré Moïse et j’en passe. Nous avions fait le serment de conquérir l’Afrique. Après les Jeux ivoiro-ghanéens et gabonais, nous nous sommes confrontés à toutes les équipes de la sous-région lors des 1ers Jeux de la CEDEAO à Lagos. En l’absence du Sénégal, la Côte d’Ivoire avait été déclarée championne. Mais pour nous, ce n’était pas suffisant. Nous avons donc demandé à nos dirigeants d’alors de nous permettre d’affronter le Sénégal qui était imbattable sur le continent. Ils ont accédé à notre requête et nous sommes allés jouer deux matches à Dakar. Nous avons été battus lors du premier et au second match nous avons pris notre revanche. Cela a provoqué la colère des supporters sénégalais et notre sortie du stade Demba Diop a été très mouvementée. A partir de ce moment –là, nous nous sommes dit que nous avions le niveau. Et, nous étions sur le podium lors des compétitions qui ont suivi avant de décrocher la médaille d’Or à la CAN à Mogadiscio. A partir de 1982, nous avons décidé d’arrêter le basketball parce que nous arrivions au bout de nos études académiques et il fallait que chacun pense à son travail. Il y a un seul parmi nous qui a fait du basketball son métier. Il s’agit de Dié Drissa qui est parti en Europe pour poursuivre sa carrière. Deux ans après, les jeunes qui nous ont remplacés ont terminé 4ème et 1985, la Côte d’Ivoire est à nouveau montée sur la plus haute marge du podium continental à Abidjan. Après cela, nous avons connu un passage à vide jusqu’en 2009 où nous avons eu la médaille d’Argent. Le basketball c’est ma discipline et je ne pouvais pas le laisser mourir. J’ai commencé à jouer au basket en 1973. J’ai eu beaucoup de satisfactions au plan personnel puisque ça m’a permis d’être médaillé au niveau continental et de représenter mon pays dans les joutes internationales. Cela a fortifié mon patriotisme et la rage de vaincre parce que j’acceptais difficilement de voir un autre drapeau monté dans le ciel à la place de celui de mon pays. Il étai donc normal au moment où on avait besoin de moi que je réponde présent pour aider notre basketball. En 2011 lorsqu’on aura été champion d’Afrique et qu’on sera qualifié pour les Jeux Olympiques, Koré Moïse aura fait sa tâche, alors je dirai au revoir à tout le monde pour aller m’occuper de choses beaucoup plus importantes. Surtout me mettre au service de Dieu. Je dois servir Dieu pour le Salut des hommes. C’est la tâche la plus importante qui m’a été confié dans ce monde mais le basket m’a fait négliger cela.

J. K : Comment arrivez-vous à concilier votre mission et la présidence de la FIBB ?
K. M :C’est une habitude pour moi. Au moment où j’étais à l’Africa, je fédérais beaucoup d’activités. J’étais joueur, entraîneur mais aussi dirigeant. Je néglige pour autant l’aspect spirituel qui est pour moi le plus important. Parce que s’il a plu à Dieu de m’appeler pour être ministre chez lui, je pense qu’on ne peut pas faire une nomination plus grande que celle-là. En plus, mon ministère n’est pas temporel. Il est éternel et seule la mort me fera arrêter ce ministère sur la terre. Je fais tout pour être à la tâche tant avec mes fidèles à l’église qu’avec les basketteurs.

J. K : Vous parliez de 2011, en clair, c’est l’année où vous comptez quitter la Fédération ?

K. M :C’est la fin de mon mandat. Je me suis fixé l’objectif de qualifier la Côte d’Ivoire pour les Jeux Olympiques et si c’est fait, il y a des gens avec qui je travaille depuis 2005. Et ceux-ci pourront continuer le travail.

J. K : Si la Côte d’Ivoire n’est pas qualifiée, vous rempilez…
K. M : Non, je pense que j’aurais suffisamment donné. Et même si la Côte d’Ivoire n’est pas qualifiée pour les Jeux Olympiques, nous aurons une visibilité, des sponsors et des infrastructures qui pourront permettre aux autres de mener à bien la mission.

J. K : Alors que tous les jeunes de votre époque étaient portés sur le football, pourquoi avez-vous choisi de pratiquer le basketball ?

K. M : Je ne saurais le dire parce que j’étais également un bon footballeur. J’étais gardien de but et vous pouvez vous renseigner auprès de ceux qui étaient en 1982 à Dabou. Ils se souviendront certainement du jeune portier imbattable du stade de Dabou. Ensuite j’ai été un défenseur intraitable et j’ai terminé en tant qu’attaquant où j’ai établi un record en une soirée au cours d’un match de maracana sur le Campus où j’ai inscrit 9 buts. Je pense que c’est à l’EMPT de Bingerville que je me suis réellement mis au basketball qui était le sport phare de notre établissement avec des étrangers venant de la Centrafrique et du Sénégal qui étaient des nations de basketball à cette époque. J’ai y pris goût et je me suis bien illustré lorsque j’ai intégré l’équipe de l’école. J’étais le capitaine de l’équipe cadette qui a été championne en 1973 à Daloa. L’année d’après l’Africa est venue me solliciter à l’école et j’ai été lancé dans le bain lors d’un match Asec-Africa au stade Houphouët-Boigny alors que j’étais junior. J’ai marqué tous les esprits en inscrivant plus de 27 points pour permettre à l’Africa de l’emporter 104-102. C’est à partir de ce moment que je n’ai plus quitté l’équipe première jusqu’à ma retraite. C’est donc à l’EMPT que j’ai contracté le virus du basketball. C’est pourquoi, j’ai rendu hommage à cette école en y célébrant mon jubilé.

Interview réalisée par Joseph Kini (FANION)

Koré digest
Nom : Koré
Prénoms : Loussouko Moïse
Année et lieu de naissance : 1956 à Gagnoa
Ethnie : Bété
Profession : Pasteur et président de la Fédération Ivoirienne de Basketball (FIBB)

 

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